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3DS

Phoenix Wright: Ace Attorney: Dual Destinies

Développeur : Capcom Production Studio 4 | Éditeur : Capcom | Genre : Visual Novel/Réflexion
Sortie :🇪🇺 24/10/13🇺🇸 24/10/13🇯🇵 25/07/13
Par milesedgeworth51, le jeudi 24 octobre 2013 à 21:56

Après un feuilleton remarqué durant l’été, Ace Attorney: Dual Destinies n’est finalement sorti en Europe le 24 octobre 2013 qu’en version dématérialisée et en anglais. S’agissant du premier jeu de la série des Ace Attorney à sortir sur Nintendo 3DS, Dual Destinies conserve tout ce qui a fait le charme de la série sur Nintendo DS, mais réussi-t-il à apporter du sang neuf par rapport aux anciens épisodes, arrive-t-il à concurrencer le meilleur Ace Attorney, Ace Attorney: Trials & Tribulations ?

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Avant de commencer, il faut préciser qu’afin d’éviter de gâcher les surprises qui vous attendent au niveau de l’histoire, peu d’informations seront dévoilées sur celle-ci. De plus, il faut savoir que le jeu est découpé en cinq nouvelles enquêtes inédites, et nous ne nous baserons uniquement que sur certains points découlant de la première affaire pour expliquer les nouveautés principales de Gameplay : rappelons aussi que certains épisodes sont séparés en deux phases, celle de l’enquête (pour chercher des indices, connaître plus en profondeur les circonstances du crime etc.) et celle du tribunal (qui sont les moments les plus passionnants, puisque c’est là où vous devrez prouvez la non-culpabilité de votre client en présentant des preuves venant contredire le témoignages des personnes se présentant à la barre).
Alors que Phoenix Wright avait perdu son badge d’avocat à la suite du coup de théâtre clôturant Ace Attorney: Trials & Tribulations, nous l’avons laissé sept ans plus tard dans Ace Attorney: Apollo Justice, gagnant sa vie en jouant du piano dans un bar. Se déroulant un an après les événements de ce dernier, Ace Attorney: Dual Destinies réintègre Phoenix en tant qu’avocat de la défense, son emploi de prédilection. Cependant, il ne faut pas croire que lui seul est mis en scène : en effet, un nouvel avocat, ou plutôt, une nouvelle avocate fait son apparition. Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, faites du bruit pour Athena Cykes ! Après Phoenix puis Apollo Justice (qui fait lui aussi son retour dans le jeu), elle vient renforcer l’équipe de choc des avocats : avec elle, nos trois justiciers vont vivre des aventures folles et rocambolesques.
Chaque avocat apporte une touche spéciale au jeu. Effectivement, chacun a une personnalité propre mais surtout un pouvoir qui lui est assigné : Phoenix possède le Magatama, un artefact lui permettant d’ouvrir des « Verrous Psychés », qui sont des serrures en quelque sorte, dissimulant certains secrets appartenant aux témoins. Apollo a, quant à lui, un bracelet qui lui serre le poignet lorsque le témoin possède un tic nerveux : ce tic est un indicateur du stress du témoin, dû au mensonge qu’il déblatère. Et pour finir, Athena dispose également d’un talent particulier : elle peut sentir les émotions du cœur des gens. Ainsi, si un personnage a oublié quelque chose à cause d’un choc psychologique, ou s’il ment, elle peut ressentir que ses émotions sont en contradiction avec son témoignage : par exemple, lors du premier procès, Juniper Woods, fille accusée d’avoir détruit le tribunal, était heureuse quand des gravats sont tombés sur elle. En lui faisant remarquer le côté contradictoire de l’émotion, elle se souviendra d’un élément qui fera avancer le procès : ce protocole particulier se nomme le Mood Matrix, et de nombreux passages de ce genre s’offriront à vous durant le jeu.

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Hormis cette nouveauté très intéressante car simple d’emploi et offrant une approche différente des personnages interrogés, d’autres points sont venus s’ajouter (heureusement d’ailleurs) dans ce nouvel opus de la saga Ace Attorney. Tout d’abord, le jeu a opéré un bond graphique important, dû au changement de support : en passant de la Nintendo DS à la Nintendo 3DS, la 3D a été intégrée (les modèles 3D des personnages sont très bien réussis par ailleurs), des cinématiques ont été ajoutées pour venir apporter un vrai plus dans la dynamique du jeu et surtout, les personnages sont désormais en mouvement : fini les écrans fixes, les personnages sont plus mobiles que jamais, et cela va dans le sens d’une dynamique plus vive.
En outre, le jeu a été simplifié : lors des phases de procès, vous disposez d’une barre « d’énergie » qui vous empêche de faire plus de cinq erreurs ; si vous présentez les mauvaises preuves, cette barre diminuera. Cependant, lors de trois erreurs consécutives, vous aurez la possibilité d’obtenir de l’aide : votre assistant (généralement Athena) pourra vous dire où se trouve la phrase du témoignage qui est en contradiction avec les éléments du dossier dont vous disposez. Evidemment, c’est à vous ensuite de présenter la bonne pièce à conviction. De plus, le nombre de témoignages est moins nombreux puisque certains sont remplacés par des questions : en fait, à la suite d’une question sur le témoin par exemple, au lieu de l’interroger, vous devrez répondre à une des trois propositions qui vous sont faites, ainsi, on vous mâche un peu le travail… Même si cela est appréciable puisque certains passages du jeu sont assez difficiles à comprendre à cause de l’anglais, Ace Attorney: Dual Destinies est très abordable pour les nouveaux joueurs ; notons que l’anglais est assez compréhensible dans l’ensemble. Enfin, une petite nouveauté sympathique a été ajoutée : lorsque vous jouiez pour la première fois à un Ace Attorney, vous étiez obligé de laisser dérouler les dialogues à la vitesse proposée : désormais, vous pouvez, en laissant le bouton « B » appuyé, faire défiler les passages que vous considérez comme peu important. En plus, un « historique » des dialogues a été inséré : grâce à cela, si vous êtes passé à côté d’un dialogue important, vous pouvez aller le relire, c’est très pratique !

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Pour le reste, on dira qu’Ace Attorney: Dual Destinies est assez classique. Le scénario est vraiment d’une très grande qualité et est sans contestation du même acabit que celui de Trials & Tribulations. Se positionnant dans le deuxième jeu de la deuxième trilogie de la série, il reprend parfaitement les éléments d’Ace Attorney: Apollo Justice. De surcroît, il faut souligner que le scénario pourrait même être une prouesse, puisque Shu Takumi, alors scénariste des Ace Attorney de la série principale, était en train de travailler sur Professeur Layton VS Ace Attorney, et c’est Takeshi Yamazaki qui a repris les rênes de la série. Autant le dire, l’histoire est passionnante, et le changement de scénariste a même le don de donner un peu de fraîcheur à la série : en effet, le côté déjanté du jeu a été renforcé (les personnages sont tous encore plus ridicules grâce à leurs accoutrements insensés) et le nouveau procureur est charismatique à souhait.
Son nom est Simon Blackquill, il a 28 ans et est…accusé de meurtre !
Avec ses menottes, il fera trembler plus d’une personne, et surtout, il se place dans la lignée des procureurs classes de la saga : on pourrait dire qu’il est au moins aussi bon que Benjamin Hunter et Godot, d’autres procureurs dont leur côte de popularité est forte auprès des fans. Tout comme Athena, Blackquill manipule les émotions des personnages avec tact : son surnom est le Samouraï Fou et pour parvenir à ses fins, il piège ses adversaires grâce à une manipulation psychologique dont il a le secret.
Bien que Blackquill soit un sombre personnage, le côté humoristique est là encore très bien respecté. Les jeux de mots pour les noms des personnages sont drôles, les mimiques de ceux-là le sont également, et les dialogues sont fameux. Au-delà de l’humour, le jeu propose des scènes de crime plus violentes que dans les anciens jeux, et une double lecture peut être apportée : le jeu est plus sérieux dans le fond de son raisonnement tout en gardant le côté très amusant de la série, ce qui n’est pas pour nous déplaire.
Mais tout ceci ne serait rien sans les musiques : soyons clairs, la bande originale est une pure merveille. C’est elle qui permet une immersion plus forte dans certains moments, c’est elle qui nous fait pleurer, nous fait rire, nous fait danser…

Le thème de Blackquill

Les Plus

+ Phoenix revient à l’assaut plus fort que jamais
+ La possibilité de jouer avec trois personnages différents
+ Des musiques exceptionnelles dont celle des crédits qui dure dix minutes !
+ Blackquill et sa musique, fabuleux
+ Le Mood Matrix, régulièrement utilisé

Les Moins

Un sixième épisode du jeu en DLC
Un peu trop facile
Shakespeare c’est bien, Molière c’est mieux…
Seulement disponible en version digitale

Graphismes 18/20

Le passage de la 2D à la 3D pouvait être redouté par certains : il n’en est rien. Le jeu est vraiment très beau, bénéficiant d’une refonte en aspect cell-sheding très propre. La 3D apporte un relief et une profondeur appréciables, et surtout, les personnages sont modélisés à la perfection.

Jouabilité 16/20

Même si les ajouts faits par rapport à Ace Attorney: Apollo Justice sont assez importants, de plus nombreuses innovations auraient été les bienvenues. Toutefois, le Mood Matrix est vraiment chouette à utiliser, et le fait d’accélérer à sa guise la vitesse des dialogues est vraiment une bonne chose.

Durée de vie 17/20

Même avec une trentaine d’heures de jeu, le soft se finit assez rapidement car on peut passer beaucoup de temps à ne pas lâcher sa console… Cependant, du contenu téléchargeable est disponible : une sixième enquête payante est disponible (tout comme des costumes pour les trois protagonistes principaux), et bien que cela rallonge la durée de vie, devoir débourser une somme d’argent pour profiter du jeu est bien dommage.

Bande son 19/20

Tous les Ace Attorney disposent d’une bande-son remarquable, et Dual Destinies ne déroge pas à la règle : combinant d’anciennes musiques remixées et des nouvelles musiques de très bonne facture (dont l’excellent thème du procureur Blackquill), l’ambiance sonore est parfaite. D’autant que les doublages sont toujours aussi bons, et que les bruitages font que l’on a l’impression d’être à l’intérieur du jeu : on en redemande encore !

Scénario 18/20

A la hauteur d’Ace Attorney: Trials & Tribulations, Capcom offre à ses fans un jeu à l’histoire formidable. Frissons, rires, stress garantis : mention spéciale au dénouement parfaitement épique et déjanté !

Verdict

Si on pouvait qualifier Ace Attorney: Dual Destinies, on pourrait le comparer au cochon. Car si tout est bon dans le cochon, tout est bon également dans ce jeu. Très complet sur tous les plans, vous prendrez un vrai plaisir à défendre vos clients tout en résolvant des enquêtes très bien mises en scène. Cependant, le manque de traduction est un vrai problème pour ceux ne maîtrisant pas la langue de Shakespeare : bien qu’assez facile à comprendre, certains passages de l’aventure sont plus ardus, et l’utilisation d’un dictionnaire s’avérera indispensable.

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