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Switch

L.A. Noire

Développeur : Virtuos | Éditeur : Rockstar Games | Genre : Enquêtes/Action | Site web officiel
Sortie :🇪🇺 14/11/17🇺🇸 14/11/17
Par Slippy, le lundi 26 mars 2018 à 04:02

Pour le bonheur de ses utilisateurs, la Switch accueille de plus en plus de jeux de titres jamais passés par une console de Nintendo (Doom, Skyrim, Rocket League) preuves de la bonne santé commerciale de la machine. On s'intéresse aujourd'hui à l'un d'entre eux L.A. Noire, sorti en 2011 sur Xbox 360 et PS3, qui s'offre une seconde jeunesse sur Switch.

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Si les portages d'anciens jeux peuvent laisser impassibles certains gamers ne voyant uniquement le fait d'un développeur de tirer profit d'une console au succès ascendant. Il faut quand même reconnaître que de voir ses softs, dont la qualité n'est plus à prouver, sur Switch est le signe que la console s'ouvre aux éditeurs tiers, qui étaient relativement frileux avec la Wii U.

Avec L.A. Noire c'est Rockstar qui s'engouffre dans la brèche avec une sortie PS4 et XboxOne aux graphismes « liftés » et une version Switch qui profite des spécificités de la machine.

Notons qu'il ne s'agit pas du jeu phare du studio new yorkais, GTA V, mais d'un titre un peu moins célèbre mais beaucoup plus originale. D'ailleurs L.A. Noire a été développé par l'éphémère studio australien la Team Bondi. Le soft fut leur seule œuvre, un succès commercial et critique mais qui fit polémique sur les conditions de travail des développeurs, l'entreprise ferma ses portes quelques années plus tard.

Sur la Switch, le jeu est développé avec l'appui de Virtuos, un développeur en plein essor, qui ont réalisé Final Fantasy XII: The Zodiac Age, et Batman Return to Arkham entre autres.

L.A. Noire offre un regard plutôt original sur le jeu d'enquête en misant autant sur la récolte d'indices que sur les interrogatoires et la perception de l'enquêteur pour progresser dans l'aventure.
En tant que policier de Los Angeles des années 40, vous serez amené à étudier plein de scènes de crimes différentes, à rechercher des indices, à interroger des témoins et à dresser des conclusions, sans que l'on vous tienne la main (ou très peu).
Les interrogatoires restent la partie la plus intéressante dans la résolution des crimes de L.A. Noire, et apprendre à lire les réactions des suspects pour déterminer s'ils mentent se révèle être un défi toujours aussi ardu. Ces séquences doivent leur réussite à la performance des acteurs, dont les moindres grimaces et rides ont été reproduites. Voir ces différents témoins et/ou suspects parler avec un rictus au coin de la bouche ou encore hausser le sourcil l'espace d'un court instant, donne vraiment l'impression de se retrouver face à de véritables personnes – un sentiment renforcé par une écriture intelligente. Les scénarios des 21 enquêtes sont de véritables petits romans qui se laissent suivre avec plaisir.

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Rentrons dans le vif du sujet, les graphismes. Rappelons que le jeu à 6 ans, et c'est logique de constater que par rapports aux grosses productions actuelles le soft accuse un peu l'âge.
Le titre a au moins le mérite de tourner en 1080p sur le dock de la Switch (720p en mode portable). La réalisation graphique est cohérente, visuellement très agréable, et les animations faciales demeurent aussi impressionnantes.
Les yeux avisés remarquent la présence d'aliasing et un affichage tardif des décors surtout sur un téléviseur. Rappelons que L.A. Noire souffrait déjà de nombreux soucis techniques au moment de sa sortie sur PlayStation 3 et Xbox 360, en particulier lors des phases en extérieur, mais c'est vrai, on aurait aimé que ces défauts soient gommés pour la Switch.
Pas de quoi gâcher le plaisir de jeu, mais ce qui peut déplaire aux joueurs c'est surtout que le monde ouvert manque cruellement de vie (voitures, piétons, activités).

Venons en à la prise en main. L.A. Noire est le portage qui profitent le mieux des spécificités de la Switch sans hésitation. Au niveau du gameplay tout d'abord, le jeu propose trois vues pour satisfaire les utilisateurs. Mais on se trouve souvent à se battre contre la caméra ! Il est d'ailleurs possible de la contrôler grâce au gyroscope lorsque les Joy-Con ne sont pas grippés sur la Switch. Une nouvelle fois si vous avez la manette Pro, on vous la conseille pour plus de confort de jeu.
Vous pouvez également bouger les Joy-Con pour étudier sous toutes les coutures un indice ramassé sur une scène de crime. Cette fonction est particulièrement pratique si vous recherchez une étiquette ou un numéro de série, et le gyroscope est suffisamment précis pour se calquer sur les animations. L'exploitation des vibrations HD est plutôt anecdotique mais a le mérite d'être proposée (ce qui est plutôt rare).

Si vous êtes allergiques aux manettes, L.A. Noire inclut aussi une fonction tactile grâce à laquelle il est possible de terminer le jeu sans tenir un seul Joy-Con (sauf pour se rendre dans les menus). Cela demande un peu de pratique, comme se rappeler de cliquer deux fois pour interagir avec un objet ou pour entrer dans un véhicule côté passager. Mais dès que vous êtes plus à l'aise, l'expérience de jeu se révèle plutôt souple. Avec cette fonction on se croirait presque dans un point & click.

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Un mot sur les phases de conduites et les scènes d'action (fusillades ou courses poursuites à pied). Ce n'était déjà pas les points forts en 2011. En ce qui concerne les phases d'action, elles sont largement dispensables ou inintéressantes. La conduite n'est pas désagréable mais trop présente, du moins, au début, car vous pouvez la zapper au fur et à mesure de votre progression.

Par contre rien à dire sur le doublage français et sur les musiques excellentes, bien dans le thème et très immersives. La durée de vie est très correcte avec quelques missions annexe. Le jeu possède un fort taux de rejouabilité, car il y a plusieurs façons de mener ses enquêtes et surtout ses interrogatoires. Les chemins scénaristiques sont les mêmes, car même si vous vous trompez, vous serez remis dans les bons rails, cependant vous pouvez conclure une affaire plus rapidement.

Au final les développeurs ont crée un jeu ou l'ambiance est prioritaire sur le visuel, même si c'est loin d'être moche. Ayant opéré un changement cohérent dans sa mécanique d'interrogatoire, le jeu de Rockstar a toujours les mêmes qualités et défauts qu'en 2011, auxquels s'ajoutent une prise en mains aux Joy-Con (caméra et observation d'objets) et un mode tactile.
Dernière chose, cette adaptation Switch, pèse déjà trop lourd (29 Go) pour être téléchargée sans carte SD supplémentaire. Même en optant pour une version cartouche, il faudra prévoir 14 Go d'espace libre sur votre console pour récupérer des données additionnelles sur l'eShop. Un détail à prendre en compte.

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Les Plus

+ L'ambiance visuelle et sonore
+ La narration et le scénario
+ Jeu d'acteur bluffant, les interrogatoires
+ Spécificités de la Switch utilisées

Les Moins

Grande map mais qui manque de vie
Soucis d'aliasing, de distance d'affichage et de frame-rate
Un gros téléchargement et une bonne carte SD pour en profiter pleinement, même en cartouche.

Graphismes 16/20

Du bon et du moins bon. Le cachet visuel est très soigné. L'époque est parfaitement respectée à travers les couleurs, les costumes, les décors des lieux visités, même si ça manque de vie. On dénote des soucis techniques qui gâchent un peu le portrait. Les animations des visages restent exceptionnels, vraiment. On a pas vu mieux depuis.

Jouabilité 16/20

Pareil que pour les graphismes, il y a de bonne idées. Le tactile et les Joy-Con sont sympathiquement exploités avec quelques ratés pour ces derniers. L'ensemble reste agréable quelle que soit la manière choisie. Par contre pour les phases d'action et de conduite ça ne sera pas une partie de plaisir.

Durée de vie 16/20

Comptez 15 heures environ pour terminer le jeu. Beaucoup plus pour terminer à 100%. L.A. Noire dispose en outre d'une grosse rejouabilité, notamment pour revivre les interrogatoires et essayer de résoudre les enquêtes plus vite, en ne commettant pas les mêmes erreurs. On pourra toujours reprocher au jeu sa grande linéarité ou que les joueurs sont un peu trop assistés malgré les fautes qu'ils pourraient faire.

Bande son 19/20

Un sans-faute, que ce soit au niveau des doublages de qualité qu'aux musiques immersives.

Scénario 18/20

Hormis quelques situations assez prévisibles, les différentes enquêtes sont parfaitement bien scénarisées. L.A. Noire a les qualités d'un bon film puisqu'il parvient à alterner les rythmes et à rendre certains moments clés extrêmement crispants. On apprécie en tout cas le soin apporté à la personnalité de Phelps (vous-même) et le fait que son histoire est racontée en parallèle de ses enquêtes.

Verdict

L.A. Noire sur Switch s'adresse avant tout aux joueurs qui n'auraient pas eu l'occasion d'y mettre la main dessus. Particulièrement soigné dans sa mise en scène et son écriture, et aidé par un jeu d'acteur au rendu bluffant, le soft d'enquête et d'action est perçu comme un thriller sombre et mature, mais imparfait. Le titre reste unique en son genre. Son adaptation sur la machine de Nintendo est probant et utilise les spécificités de la console en lui conférant une valeur ajoutée dans sa ludothèque.

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