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Switch

Bayonetta

Développeur : Platinum Games | Éditeur : Nintendo | Genre : Beat them all | Site web officiel
Sortie :🇪🇺 16/02/18🇺🇸 16/02/18🇯🇵 16/02/18 | Multijoueur : 1 joueurs en local
Par Slippy, le samedi 17 février 2018 à 05:15

Déjà sorti sur un grand nombre de plates-formes, Bayonetta, premier du nom, sort également sur la dernière née de Nintendo. Outre le fait de pouvoir incarner la sorcière partout en mode nomade, que nous apporte cette version Switch ? Va-t-elle se démarquer de ses concurrentes mais aussi de la version Wii U dont elle est le portage ?

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Revenons un instant sur la sortie du jeu en 2010, Bayonetta était alors le premier jeu d'envergure de la jeune société Platinium Games crée par des anciens de chez Capcom. Le soft était sorti sur Xbox 360 pourtant marginale au Japon mais aussi sur PS3.

Les superlatifs ne manquent pas pour qualifier le jeu à sa sortie. Très Impressionnant visuellement, Bayonetta se distingue également par un gameplay très bon.

Même si le soft peut dérouter des joueurs (tout le monde n'accroche pas) il aura eu le mérite de dépoussiérer le genre dont l'âge d'or se situe à la fin des années 80, début des années 90 mais remis au goût du jour avec des titres comme Devil May Cry.

L'héroïne charismatique a contribué au succès du jeu. De son nom Bayonetta la sorcière est devenue instantanément emblématique de la culture vidéo ludique.

Si le jeu est remarquable sur la machine de Microsoft, sur sa concurrente de chez Sony c'est une toute autre histoire, la différence en termes de réalisation était bien réelle. Les deux versions étaient perfectibles, la sortie sur Wii U a été l'occasion aux développeurs de parfaire un peu plus leur produit !

La licence étant exclusif à Nintendo, un troisième épisode arrivant sur Switch, Platinium Games a souhaité fructifier les deux premiers opus en les transportant sur la machine hybride.

Pour ceux qui n'auraient jamais entendu parler de Bayonetta, le jeu nous narre les péripéties d'une sorcière appelée donc Bayonetta dans un monde où la magie règne.

Les sorcières de l'Umbra, maîtresses des forces des ténèbres, et les sages de Lumen, défenseurs de la lumière, s'affrontent dans une guerre sans merci.

Bayonetta
une femme séduisante, au caractère bien trempé et dotée de pouvoirs magiques, est la dernière à maîtriser les pouvoirs de l'Umbra.

Incapable de se souvenir de son passé, Bayonetta continue de mener un combat contre les anges pour rester en vie avec l'assistance d'Enzo, un informateur, et de Rodin, un démon armurier et tenancier d'un bar appelé les Portes de l'Enfer.

Au fil de l'aventure, notre héroïne va donc en apprendre plus sur sa jeunesse, en rencontrant de nouveaux personnages.

Si le thème (biblique) a déjà été plusieurs fois abordé dans les jeux vidéos, le soft se démarque par son côté décalé et pas du sérieux. L'humour, la dérision et le second degré sont donc de mise. Platinium Games sort des sentiers battus en proposant un personnage principal peu banale : son air de maîtresse sadomasochiste et ses pauses outrageusement suggestives ont en effet de quoi décontenancer les joueurs qui sont habitués à des héros lisses et propres sur eux ! Mais c'est justement cet aspect « impertinent » qui symbolise au mieux Bayonetta.

Si en 2010 Bayonetta était une claque graphique, le titre reste toujours très impressionnant même en 2018. Qu'on aime ou pas le design, force est de constater que visuellement le jeu est beau et fluide avec une « patte » artistique unique.

La modélisation des différents personnages et ennemis se trouve très convaincante et les gigantesques boss en mettent plein la vue, ce qui donne lieu à des affrontements épiques et mémorables.

On pourrait penser que les développeurs ont exagéré sur les effets spéciaux, mais il faut reconnaître que les combats sont magnifiquement chorégraphiés.

Pour parler plus précisément de la version Switch par rapport à ses concurrentes (PS3, Xbox 360), on s'aperçoit avec plaisir que certaines textures grossières ont été retravaillées. Le framerate est passé à 60 fps et souffre de presque aucun ralentissement même lors des phases de combat les plus surchargées. En contrepartie le jeu est un tantinet plus terne que les versions sortis à l'origine.

Si on compare cette même version à celle de la Wii U, elle sont quasi identiques. L'aliasing est toujours un brin présent, cela se voit surtout quand la console est sur son dock.

Les textures peuvent paraître datés, surtout par rapport à la version haut de gamme sortie sur PC, mais pas de quoi ruiner l'expérience de jeu, loin de la.

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La force de Bayonetta est aussi son gameplay. Si vous pensiez que les beat 'em all se résument à deux touches (coups de poing ou coup de pied) vous allez tomber des nus, le gameplay de bayonetta est non seulement complexe, mais relativement exigeant. D'ailleurs si c'est la première fois que vous essayez à ce genre de jeu, on vous recommande le mode facile avec le mode auto (Le mode auto offre à Bayonetta l'utilisation d'un accessoire permettant de réussir des combos sans l'utilisation des touches directionnelles).

Pour parler en termes plus concrets, Bayonetta reprend à son compte les grandes lignes du système de combat ébauché sur Devil May Cry. À commencer par son goût prononcé pour la voltige. Bayonetta va encore plus loin en autorisant les enchaînements les plus extravaguant entre ciel et terre. La plupart des combos à disposition de la sorcière (et ils sont nombreux), peuvent être interrompus par un coup arrachant du sol l'adversaire malmené et ainsi poursuivre dans les airs. Là, le joueur peut évidement mettre un point d'orgue à sa partition ou se montrer généreux en ramenant sa victime sur terre et continuer son ballet meurtrier jusqu'à ce que mort s'ensuive. Les variations peuvent donc être très nombreuses pour peu que la victime se montre suffisamment endurante. De plus, Bayonetta dispose d'un arsenal des plus variés.

Paires de flingues, katana, griffes enflammées ou électriques, fouet, Bayonetta est plutôt bien dotée, sans parler de toutes les armes à usage limité dispensées par les ennemis vaincus. Mais l'originalité du titre sur ce point est de permettre l'association de deux types d'armes. En effet, Bayonetta est capable de manier ses calibres aussi bien avec les mains que fixés à ses talons. Dès lors, il est possible, par exemple, de tenir un katana en mains et d'équiper ses chevilles de mini shotguns. Chaque arme ayant ses particularités, le nombre de combinaisons possibles est impressionnant, et ce n'est pas tout !

L'architecture des combos offre une complexité jamais entrevue jusqu'alors ! En effet les combinaisons de coups ne se résument pas à de bêtes successions de touches et les subtilités ne manquent pas.
Sans rentrer dans les détails mais sachez que le tempo et la pression des touches peuvent influer sur votre combo.
Votre personnage peut également s'enrichir de techniques dans un magasin appelé les portes de l'enfer (qui vend aussi des armes entre autres).

Bayonetta est une sorcière, elle est donc experte dans la magie. Le joueur possède un barre de vie et aussi de magie.
Certains enchaînements sollicitent la puissance des forces sombres. La plupart des combinaisons d'attaques se concluent par ce type de mouvements se traduisant visuellement par des coups de poings et de pieds colossaux formés par l'enchevêtrement de la chevelure de Bayonetta. Des attaques à l'approche desquelles notre héroïne se dévêtit peu à peu jusqu'à leur surgissement tout droit des portes de l'enfer. Plus violentes et spectaculaires encore sont les invocations que peut déchaîner Bayonetta lorsque sa jauge de magie est suffisamment remplie. Selon l'ennemi sur lequel elles s'abattent, celles-ci prennent la forme de divers instruments de torture : roue hérissée de pointes, guillotine, cercueil et bien d'autres réjouissances de ce genre apportent encore un peu plus de piment aux combats.
Durant les affrontements homériques contre les boss gigantesques pour la plupart, Bayonetta dispose d'un « finish move » des plus magistrales. Appelé apothéose, la sorcière invoque un démon pour envoyer le malheureux aux enfers.

Si on parle que de ces attaques offensives, on pourrait penser que le jeu est fait uniquement pour les bourrins, et pourtant, il y a un aspect tactique que le joueur devra absolument maîtriser pour parvenir à tuer les ennemis. Il s'agit de l'esquive et l'utilisation du Witch Time qui lui est associée.
Il y a en effet deux niveaux d'esquive dans le titre de Platinum Games. La première est une simple parade, extrêmement rapide mais sans le moindre bénéfice si ce n'est celui de be pas subir de dégâts.
Le second niveau est nettement plus intéressant : réalisée avec le bon timing, une esquive s'accompagnera d'un effet de slow motion momentané baptisé le Witch Time. Durant ce bref instant le joueur peut tranquillement tabasser les belligérants sans craindre de riposte.

Le chapitre du gameplay est comme vous voyer extrêmement fourni et pourrait suffire à lui-même, mais les développeurs ont eu également l'idée d'inclure des phases d'actions diverses qui permettent de casser la monotonie des bagarres. On peut citer par exemple les passages en moto plutôt distrayantes.

La difficulté (en mode difficile et apothéose) est un véritable challenge pour les joueurs les plus aguerris.

On pourrait penser que la complexité du gameplay pourrait créer des difficultés quant à la prise en main que ce soit aux Joy-Con ou à la manette pro, mais pas du tout! Bien au contraire, les contrôles sont très intuitifs et souples.
La manette pro est vraiment idéale pour ce jeu, on se rapproche du gameplay qu'on avait connu sur Wii U. Concernant les Joy-Con, ces fameux contrôles laissaient présager un gameplay problématique.
Mais le résultat est plutôt convaincant, il faut bien l'admettre. Les développeurs ont eu l'intelligence de prendre en compte la petitesse du matériel et par exemple, réussir un perfect sur les QTE, qui demandent de marteler un bouton ou de tourner le plus vite possible le joystick, ont été simplifiés.

Comme sur Wii U, vous avez la possibilité d'un gameplay entièrement tactile
, et comme sur Wii U, on se demande vraiment à quoi ça sert ! Pour faire simple, il suffit d'utiliser son doigt pour se déplacer et attaquer les ennemis. Sauf que c'est assez biscornu, puisque nous avons l'impression de ne rien contrôler. Néanmoins, ce type de commande peut être pratique dans un transport en commun.

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En termes de durée de vie, le jeu se termine en une dizaine d'heure en ligne droite, ce qui reste honorable pour un beat 'em all. Vous pouvez d'ailleurs ensuite poursuivre l'aventure en vous essayant à des niveaux de difficulté plus élevés, et/ou en cherchant à débloquer tous les accessoires, ou encore en retournant les différents chapitres dans tous les sens pour améliorer votre score.
Pas de niveaux supplémentaire pour la version de Nintendo, mais vous pouvez changer de costume pour votre personnage. Inspiré de l'univers de Mario, Metroid et Zelda, ils pourront, pourquoi pas faire plaisir aux fans de Nintendo ou les laisser indifférent.

Le sound design est vraiment très réussi, les voix anglaises ou japonaises sont de bonne qualité. Les musiques collent parfaitement à l'ambiance quelques fois très déjantés. La reprise de « Fly me to the Moon » va rester dans les têtes pendant très longtemps.

Bayonetta sur Switch est un portage de qualité, mais un portage simple
. L'intérêt principal de cette version est bien évidement le fait de pouvoir jouer n'importe où, comme tous jeux Switch. Certes on s'attendait pas à une multitude de nouveautés, mais on aurait aimé être surpris, ce ne fut pas le cas. Pour ceux qui découvrent la licence, c'est une bonne pioche, surtout que le soft est offert (en version dématérialisée seulement) avec le deuxième volet.

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Les Plus

+ La mise en scène spectaculaire, l'ambiance décalée
+ La fluidité
+ Gameplay irréprochable
+ Les combos, les armes, le witch time

Les Moins

Linéaire
Aucunes nouveautés par rapport à la version Wii U
Commandes tactiles peu utiles
Les nouveaux costumes pour Bayonetta

Graphismes 15/20

On se retrouve avec une copie conforme de la version Wii U, le vieillissement des graphismes en plus. En mode portable, c'est bien plus propre, mais l'aliasing est toujours la. En outre la fluidité est au rendez-vous quelque-soit le mode d'utilisation, c'est le plus important, surtout pour ce genre de jeu.

Jouabilité 19/20

Malgré l'importante combinaison de combos, le gameplay est un modèle de perfection. Non seulement vous pourrez prendre le temps de maîtriser une belle brochette d'armes, de combos et de coups spéciaux, mais le système d'esquive donne aussi une incroyable souplesse au jeu. On vous recommande la manette pro, plus confortable mais les Joy-Cons se révèlent assez efficaces également.

Durée de vie 16/20

Une dizaine d'heure qu'on voit pas passer. Les amateurs de challenge recommenceront aux modes de difficultés les plus élevés tout en essayant de trouver tous les objets à collectionner mais également à acquérir toutes les armes et techniques en perfectionnant leur score.

Bande son 18/20

Très réussie, les musiques sont entraînantes à souhait et les voix des personnages collent bien à leurs personnalités.

Scénario 14/20

Assez décousu et un peu léger, il est surtout un prétexte à la baston! On retiendra donc plutôt les nombreuses références et l'humour omniprésent qui font de Bayonetta un jeu à part et à prendre entièrement au second degré.

Verdict

Bayonetta est un devenu un classique des beat 'em all. La version Switch c'est du déjà vu. Pour les personnes qui ont déjà terminé le titre sur une autre plateforme, cette édition n'apporte rien de spéciale, mis à part le fait de transporter Cereza dans la poche. Concernant les autres, il est plaisant de découvrir cette expérience.

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